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Habilitations des saisonniers : ce qu'il faut vérifier avant l'ouverture de la saison

Habilitations des saisonniers : formation sécurité, autorisation de conduite, attestation médicale et habilitation électrique à vérifier avant l'ouverture.

Par Thierry Escrich
Gare d’un télésiège au petit matin, un agent vu de dos marchant sur la piste damée.
Illustration générée par IA, ne représente pas un site réel.

Une question de calendrier avant d'être une question de papiers

Chaque automne, le même scénario se rejoue dans les stations et sur les chantiers de montagne : des dizaines de contrats saisonniers démarrent en quelques jours, souvent avec des salariés qui reviennent d'une année sur l'autre. La tentation est forte de considérer que « ceux de l'an dernier sont déjà en règle ». C'est pourtant à ce moment précis que se jouent les habilitations des saisonniers : une formation à refaire, une attestation médicale expirée ou une autorisation de conduite jamais renouvelée suffisent à rendre un poste inoccupable le jour de l'ouverture.

Vestiaire de station avec vestes de travail et casques, classeurs posés sur un banc.
Illustration générée par IA : vestiaire de station avant l’arrivée des saisonniers.

La réponse courte est donc la suivante : avant l'ouverture, l'employeur doit pouvoir montrer, salarié par salarié, que chacun a reçu la formation à la sécurité de son poste, qu'il détient les autorisations exigées pour les équipements qu'il utilise, et que les conditions médicales liées à ces autorisations sont remplies. Le contrat court ne change pas ces règles.

La formation à la sécurité, dès l'embauche

Le Code du travail (article L4141-2) impose à l'employeur d'organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au bénéfice des salariés qu'il embauche, de ceux qui changent de poste ou de technique de travail, et des intérimaires, sauf exception prévue par le texte. Cette formation est renouvelée périodiquement selon les modalités fixées par la réglementation ou par accord collectif.

Pour un saisonnier, cela vise très concrètement l'accueil sur le poste : consignes propres à la gare de départ d'un télésiège pour un agent d'exploitation, règles de circulation sur le domaine, gestes à adopter en cas d'incident. Un salarié qui revient chaque hiver mais change de poste, par exemple de la caisse vers l'exploitation d'une remontée, entre aussi dans ce cas.

Ce que vous devez pouvoir montrer : la date de cette formation, son contenu et la signature du salarié. Une formation faite de vive voix sans trace écrite reste difficile à démontrer.

La conduite des engins : autorisation et attestation médicale

Pour les équipements de travail mobiles automoteurs et les équipements de levage, l'article R4323-55 du Code du travail réserve la conduite aux travailleurs ayant reçu une formation adéquate, complétée et réactualisée chaque fois que nécessaire. Pour certains équipements présentant des risques particuliers, l'article R4323-56 ajoute une autorisation de conduite délivrée par l'employeur.

Un point a changé récemment. Depuis le 1er octobre 2025 (décret n° 2025-355 du 18 avril 2025), cette autorisation n'est valable que si le salarié détient une attestation d'absence de contre-indication médicale, délivrée par le médecin du travail après un examen et valable cinq ans. L'employeur en conserve une copie pendant toute sa durée de validité. Les avis d'aptitude délivrés selon les règles antérieures tiennent lieu d'attestation pendant cinq ans à compter de leur délivrance. L'autorisation et la copie de l'attestation doivent pouvoir être présentées à l'inspection du travail et aux agents de prévention de la sécurité sociale.

Pour un conducteur d'engin de damage ou un conducteur d'engin de chantier recruté pour l'hiver, il faut donc vérifier trois éléments, et non un seul : la formation à la conduite, l'autorisation signée par l'employeur, et l'attestation médicale en cours de validité. Pour la dameuse, le principe est le même que pour les autres engins : c'est l'employeur qui autorise la conduite, après avoir vérifié l'attestation médicale, les connaissances et le savoir-faire du conducteur, et sa connaissance du domaine. Comme le CACES pour les engins de chantier, le CQP conducteur d'engin de damage, délivré par Domaines Skiables de France, n'est pas une obligation en soi : c'est un moyen d'évaluation reconnu, qui permet de consolider l'autorisation délivrée par l'employeur. Pour le détail de l'autorisation de conduite elle-même, voyez notre article autorisation de conduite : que doit pouvoir montrer l'employeur.

L'habilitation électrique, à revalider poste par poste

Les saisonniers chargés d'opérations sur ou à proximité d'installations électriques, par exemple un agent technique qui intervient dans un local de commande, relèvent de l'article R4544-10 du Code du travail. L'employeur délivre une habilitation qui précise les opérations autorisées, après avoir vérifié que le salarié a reçu une formation théorique et pratique sur les risques électriques. Il la maintient et la renouvelle selon les normes applicables, et remet au salarié un carnet de prescriptions.

Depuis la même réforme d'octobre 2025, lorsque l'habilitation permet d'intervenir au voisinage de pièces nues sous tension, sa validité dépend aussi de la détention d'une attestation d'absence de contre-indications médicales.

Une habilitation se rattache à un salarié, à un employeur et à des tâches précises. Celle délivrée la saison dernière par un autre employeur ne se transfère pas automatiquement : le titre d'habilitation est à établir par votre entreprise.

Le suivi médical des saisonniers

Le Code du travail prévoit des règles propres aux travailleurs saisonniers (article D4625-22). Ceux qui sont recrutés pour au moins quarante-cinq jours de travail effectif et affectés à des postes à risques particuliers passent un examen médical d'embauche. Cet examen n'est pas exigé s'il s'agit d'un emploi équivalent à celui occupé précédemment, sans inaptitude reconnue lors du dernier examen, et si cet examen date de moins de vingt-quatre mois. Pour les saisonniers recrutés pour moins de quarante-cinq jours ou affectés à des postes sans risques particuliers, le service de prévention et de santé au travail organise des actions de formation et de prévention, qui peuvent être communes à plusieurs entreprises.

En pratique, la règle des vingt-quatre mois oblige à connaître la date exacte du dernier examen de chaque saisonnier qui revient. Sans cette date, impossible de savoir si un nouvel examen est nécessaire.

Et le sauveteur secouriste du travail ?

Beaucoup d'exploitants demandent à une partie de leurs équipes d'être titulaires du certificat de sauveteur secouriste du travail (SST). Selon le document de référence de l'INRS, ce certificat est valable deux ans. Pour le conserver, le salarié doit suivre tous les 24 mois une formation de maintien et actualisation des compétences (MAC) et réussir les épreuves. Une fois la date de validité dépassée, il ne peut plus exercer en tant que SST. Pour un saisonnier qui revient chaque hiver, c'est donc une date de plus à contrôler avant l'ouverture.

Habilitations des saisonniers : la liste de contrôle avant l'ouverture

  • Pour chaque saisonnier, la liste des postes qu'il occupera, y compris les remplacements prévus.
  • Pour chaque poste, les formations, autorisations et habilitations exigées.
  • Pour chaque titre, une date de délivrance, une date de fin de validité et le document qui le prouve.
  • Les attestations médicales liées à la conduite et à l'habilitation électrique, avec leur date d'échéance.
  • La date du dernier examen médical des saisonniers qui reviennent.

Ce travail est rarement compliqué. Il est surtout long, et il tombe au pire moment de l'année.

Les limites de cet article

Cet article donne un repère général. Il ne remplace ni votre évaluation des risques, ni l'avis de votre service de prévention et de santé au travail, ni celui d'un juriste. Les exploitants de remontées mécaniques sont en outre soumis à des règles propres à leur activité, qui ne sont pas traitées ici. En cas de doute sur un poste, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.

Ce que fait CompéScope

CompéScope, le logiciel en ligne édité par TY-INFO, réunit sur une même fiche les formations, habilitations, compétences et aptitudes de chaque salarié. Il calcule les recyclages et les fins de validité, avec des alertes avant expiration. La visite médicale y conditionne l'autorisation : une inaptitude ou une échéance dépassée bascule le statut. Chaque octroi et chaque retrait d'autorisation est motivé et journalisé, et les cartes d'autorisation s'éditent en PDF, à l'unité ou par lot.

Pour voir comment il s'applique à vos saisonniers, découvrez CompéScope ou contactez-nous pour une démonstration.

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